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Les faits sont réels et avérés 😉

Par une douce soirée de septembre, j’assistais au mariage d’une cousine éloignée dans la généalogie mais pas dans le cœur. J’étais sur mon 31, mais surtout mes gardes, car je sais d’expérience que si ces moments de rassemblements familiaux, s’ils sont porteurs de félicité, il arrive aussi qu’on y croise fermement le fer, fermement.

PHASE I : la capture

Une tante éloignée – qui doit faire 1m50 les bras levés – vole littéralement vers ma direction, elle a l’air plus excitée qu’une souris sous Exta :

  • Bonjour tata !
  • Bah alors, pourquoi tu n’es pas encore marié ?

Même pas de salamalek, le ton est donné.

Elle m’attrape par le col (litteralement), me ramène à sa hauteur et poursuit :

  • Quand est-ce que tu te maries ?
  • Très bientôt tata, très bientôt.
  • Je veux une date !
  • Le 15 janvier prochain.
  • Trop loin, et puis tu mens !
  • Toujours tata !

 

PHASE II : le chantage émotionnel

 

Ma souris de tante enchaine :

  • Tu devrais penser à tes parents, ils aimeraient tellement voir tes enfants grandir.
  • Je sais bien tata ils me le disent à tous les repas et aussi entre les repas.
  • Alors ne sois pas égoïste ! Tu n’aimerais pas avoir des enfants ?
  • Bien sûr tata j’aime bien les enfants, surtout quand ils crient la nuit. Tu crois qu’on peut les mettre en mode vibreur ?
  • Arrête de faire l’idiot ! Ben alors, les enfants ?
  • Ben alors, je sais pas, c’est pas mieux de les faire avec quelqu’un envers qui on a des sentiments, de les couver dans l’amour ?
  • L’amour ? Tu es mignon, tu t’es cru à Bollywood ou quoi ?
  • Oui tata mais un minimum de feeling quand même.
  • A-p-r-è-s, les sentiments ça vient après, avec le temps, les enfants et les emmerdes.
  • …Et le divorce
  • Pfff toi tes parents sont trop patients avec toi !

PHASE III : la négociation

Toujours alpagué par le col par mon irrésistible tante, je suis trainé vers la direction de l’allée principale. À ce stade je me suis sincèrement inquiété qu’elle ait planqué un fusil dans son coffre.

Elle commence à me faire faire le tour de la salle des fêtes en tirant à intervalles réguliers sur ma cravate :

  • Regarde autour de toi, y’en a aucune qui te plait ?
  • Si tata elles sont toutes jolies
  • Ben alors qu’est ce que t’attends !

Excédé, j’ai balancé :

  • Je suis gay tata, je préfère les hommes !
  • Où est le problème ? tu te maries et tu fais ce que tu veux à côté !

Echec et mat !

Chemin faisant, elle harponne une cousine et lui assène ces mots vrais que je reprends ici :

  • Ta tekchita te va à ravir ma fille, il ne te reste plus que le mari.
  • T’as raison tata. Le plus dur est fait.

A ce moment précis, on me fait signe de prendre une photo avec les nouveaux mariés, ouf, je suis sauvé pour l’instant. C’était la première tata à m’alpaguer ce soir là, d’autres ont senti le goût du sang et sont en chemin, je le sais, je le sens.